Un contrôle routier tourne mal. L’éthylomètre affiche un taux au-dessus du seuil légal ou le radar a capté un excès de vitesse massif. En quelques minutes, les forces de l’ordre retiennent le permis sur place. Le conducteur repart à pied, sans visibilité sur la suite. La procédure qui s’enclenche alors mêle décisions préfectorales, convocations judiciaires et démarches administratives. Sans en comprendre les étapes, le conducteur subit. Avec les bons repères, il peut agir.
La rétention immédiate, premier acte de la procédure
Dès la constatation d’une infraction grave, les forces de l’ordre retiennent le permis à titre conservatoire. Le recours à un avocat permis de conduire dès cette étape permet d’analyser la régularité du contrôle et d’identifier d’éventuels vices de procédure exploitables par la suite. Le Cabinet Kirmen & Lefebvre intervient notamment sur la vérification des conditions du dépistage, du respect des délais légaux ou encore de l’homologation des appareils de mesure. Ces éléments techniques paraissent secondaires pour le conducteur, mais ils constituent souvent les premiers leviers de défense.
La rétention dure 72 heures dans la plupart des cas. Depuis la loi du 9 juillet 2025, ce délai passe à 120 heures pour les infractions liées à l’alcool ou aux stupéfiants, le temps de procéder aux vérifications nécessaires. Le préfet doit alors se prononcer dans ce délai sur une éventuelle suspension administrative.
La suspension administrative, décision du préfet
Le préfet peut prononcer une suspension administrative du permis pour une durée maximale de six mois. Cette durée passe à un an en cas d’accident corporel ou mortel. La décision prend la forme d’un arrêté préfectoral notifié au conducteur par lettre recommandée ou remis en main propre.
Cette suspension ne représente pas une sanction pénale. Elle représente une mesure de sûreté provisoire dans l’attente du jugement. Le conducteur dispose de deux mois à compter de la notification pour former un recours gracieux auprès du préfet ou un recours contentieux devant le tribunal administratif. Le référé-suspension reste la seule voie pour retrouver provisoirement le droit de conduire en cas d’urgence professionnelle avérée.
Un point souvent ignoré par les conducteurs mérite une attention particulière. Le « permis blanc », qui permettait autrefois de conduire uniquement pour les trajets professionnels pendant une suspension, a été supprimé depuis 2003. Aucun aménagement de ce type n’existe plus aujourd’hui.
La convocation au tribunal, le moment décisif
Plusieurs procédures judiciaires peuvent intervenir selon la gravité de l’infraction. L’ordonnance pénale traite les cas les plus simples, sans audience. La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) propose une peine négociée avec le procureur, que le conducteur accepte ou refuse. Le procès devant le tribunal correctionnel reste la procédure la plus complète, avec audience, débats contradictoires et possibilité de plaider la relaxe.
Le juge peut prononcer une suspension judiciaire allant jusqu’à trois ans, voire cinq ans pour certaines infractions. Il peut aussi décider d’une annulation pure et simple du permis, assortie d’une interdiction de solliciter un nouveau titre pendant une durée qu’il fixe. La suspension judiciaire remplace alors la suspension administrative sans que les deux ne se cumulent. La durée déjà effectuée s’impute sur la peine prononcée.
Le délai d’appel après le jugement ne dépasse pas dix jours. Un appel suspend l’exécution de la peine, sauf si le tribunal ordonne l’exécution provisoire.
Les démarches pour récupérer son permis
La fin de la période de suspension ou d’interdiction ne signifie pas un retour automatique au volant. Le conducteur doit passer une visite médicale obligatoire auprès de la commission médicale des permis de conduire. Pour les suspensions de six mois ou plus, un test psychotechnique vient s’ajouter au parcours. Le dossier complet transite ensuite par la plateforme en ligne de l’ANTS (Agence nationale des titres sécurisés) pour la fabrication d’un nouveau titre.
En cas d’annulation judiciaire, le conducteur doit repasser intégralement les épreuves du code et de la conduite après expiration du délai d’interdiction. Les détails de ces démarches figurent sur la page officielle du Service Public dédiée à la suspension judiciaire du permis de conduire.

